SpaceX a passé un accord avec le géant du capital-investissement Apollo Global Management qui va lui louer des puces spécialisées pour le développement de l'intelligence artificielle (IA).
( AFP / TIMOTHY A. CLARY )
Le contrat, qui doit encore être finalisé, porte sur environ 5 ans et 40 milliards de dollars, augmentés d'intérêts et de certains frais, a indiqué lundi le groupe dirigé par Elon Musk dans un document déposé auprès du gendarme américain des marchés, la SEC.
Apollo va acquérir en son nom ces processeurs graphiques, appelés GPU (graphics processing unit), considérés comme les plus performants pour la mise au point de modèles d'IA générative.
Il s'agit de GPU dits Rubin, que Nvidia a commencé à déployer au deuxième semestre. Apollo doit mettre progressivement à disposition les processeurs à partir du premier semestre 2027.
xAI, absorbé par SpaceX en février, est parvenu, en deux ans seulement, à construire deux centres de données gigantesques à Memphis (Tennessee), Colossus 1 et 2, équipés de plusieurs centaines de milliers de GPU.
Ces centres de données et les puces qu'ils opèrent, infrastructure appelée "cloud", sont indispensables au développement et à l'utilisation de grands modèles d'IA.
Le groupe procède actuellement à l'agrandissement de Colossus 2, dont la puissance de calcul devrait plus que doubler d'ici la fin de l'année par rapport à fin septembre, selon Elon Musk.
Fin 2026, SpaceX table sur une puissance installée de trois gigawatts. Il prévoit déjà d'ajouter 10 gigawatts l'an prochain, ce qui permettrait d'y opérer des millions de processeurs supplémentaires.
Dimanche, Elon Musk avait annoncé, sur le réseau social X, que SpaceX avait "finalisé 40 milliards de dollars de dette pour des GPU".
Il s'était félicité de l'opération, intervenue alors que "le marché de la dette s'est quasiment fermé ces dernières semaines pour les entreprises qui n'ont pas de revenus significatifs en dehors des centres de données IA".
Si elle ne préjuge pas d'un éventuel emprunt obligataire parallèle, l'annonce de lundi ne s'apparente pas à une levée de dette mais à du crédit-bail avec paiement étalé.
Elon Musk n'en a pas moins présenté l'accord sur les GPU comme la preuve de la confiance des investisseurs dans SpaceX, à la différence des nouveaux venus sur le marché du "cloud".
Les "neoclouds", selon le terme en vigueur dans le milieu, tels que CoreWeave ou Nebius, "vont connaître (une vague d'extinction) et de consolidation", a prévenu Elon Musk. "Certains s'en sortiront, mais pas beaucoup."
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